Le 1er avril, action sur l’hébergement d’urgence à Avranches

La section LDH d’Avranches participe au Collectif Solidarité 115 du Sud Manche avec le Secours Catholique, Emmaüs antenne d’Avranches et Itinérance Sud Manche, qui s’est créé après la fermeture du foyer d’hébergement d’urgence d’Avranches en mars 2022.

Le Sud-Manche est passé en 12 ans d’une offre pour les hommes seuls, de 10 places à 3 places uniquement, alors que la demande a été multipliée par 5 depuis 2017, selon les chiffres fournis dans les bilans du SIAO 50.

Communiqué de presse de la LDH:

« Le dur quotidien des sans-abris entre galère et débrouille »

Depuis notre dernière réunion publique le 12 septembre 2023 peu de choses ont changé pour la situation des hommes seuls sans abri dans le Sud Manche.

Le Collectif Solidarité 115 Sud Manche veut faire le point sur la situation des sans abri que nos associations rencontrent, et dont la situation reste toujours préoccupante depuis la fermeture du foyer d’Avranches.

Nous proposons de partager avec le grand public une projection d’un court métrage, « Le dur quotidien des sans abri, entre galère et débrouille », qui retranscrit les réalités de vie des personnes à la rue, sans soupçonner que des parcours de vie cabossés ou en rupture sont souvent exposés de plein fouet à d’autres dérives liées à la précarité.

Nous avons par ailleurs la volonté de présenter quelques indicateurs de la situation locale sur l’errance et des situations de squat.

Des acteurs associatifs qui reçoivent et écoutent les personnes sur leur permanence témoigneront du manque d’alternatives pour les prises en charge en proximité. Les dispositions dans le Sud Manche aujourd’hui sont insuffisantes et elles nécessitent de mesurer le déficit d’hébergements d’urgence encadrés favorisant l’accompagnement et permettant aux populations vulnérables de trouver un espace de répit à quelconque période de l’année.

Proposer des alternatives en déplaçant les personnes n’est pas acceptable.

Rappelons l’article 25 de la déclaration Universelle des droits de l’Homme :

Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté

La volonté du collectif est de veiller à ce que cette situation ne tombe pas dans l’indifférence.

Si vous souhaitez pouvoir échanger avec les acteurs locaux, bénévoles et salariés de terrain, venez nous rejoindre le Mardi 1ier Avril à 20h à la salle de la Bourdonnière à côté de la mairie de Saint Martin des champs.

 visitez le site de la LDH en cliquant ici

Mercredi 13 décembre. Une soirée d’échanges et d’informations sur les enfants français retenus en Syrie

La Ligue des Droits de l’Homme, partenaire d’Itinérance Sud Manche, nous fait part du message suivant : nous vous invitons à participer à cette soirée.
Le bureau d’ISM

En ces temps troublés où une actualité chasse l’autre, la section d’Avranches de la Ligue des Droits de l’Homme poursuit son action en faveur du rapatriement des enfants français qui sont encore retenus dans le nord-est de la Syrie.

En partenariat avec Ciné Parlant, vous êtes cordialement invités à une
Soirée d’information et d’échanges
Mercredi 13 décembre prochain à 20 heures
Salle de la Bourdonnière à Saint-Martin-des Champs

 Le film « Daech, les enfants fantômes », documentaire d’ Hélène Lam Trong, sera projeté en  présence de la réalisatrice et d’un représentant du collectif Familles Unies qui regroupe les familles directement concernées par cette tragédie.

Hélène Lam Trong est la toute récente lauréate du  prestigieux prix Albert Londres pour ce documentaire.

2023 – Projet de Loi immigration

Le chercheur François Heran déconstruit les fausses infos contre les étrangers diffusées par la droite extrême et qui sous tendent le projet de loi immigration:

et aussi un article du Monde accessible aux abonnées, dont voici un aperçu :

Comment le Sénat a durci le projet de loi « immigration », du droit du sol à l’aide médicale d’État

Par Julia Pascual Publié dans le Monde le 14 novembre 2023 https://img.lemde.fr/2023/11/14/0/0/5900/3939/664/0/75/0/da610a6_1699972988548-jmug231106061.jpg »

Le projet de loi relatif à l’immigration a été adopté par le Sénat mardi 14 novembre, à 210 voix contre 115, considérablement durci par le gouvernement et la majorité sénatoriale. Soucieux de sécuriser le vote de son texte dans un hémicycle qui ne compte que quarante élus macronistes, l’exécutif a mis en avant le « compromis » qu’il a bâti avec la droite et le centre, et défendu l’« équilibre » des mesures proposées. « Fermeté contre les étrangers délinquants, meilleures conditions d’intégration, simplification des procédures, voilà quel est le projet de loi du gouvernement », a énuméré le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, après le vote solennel des sénateurs.

Mais pour la gauche et les associations, le compte n’y est pas. Non seulement la mesure visant à créer une régularisation de plein droit pour certains travailleurs sans-papiers a été réduite à une possibilité laissée à la main des préfets, mais le texte est devenu un « repoussoir infâme », a tancé le sénateur Europe Ecologie-Les Verts des Bouches-du-Rhône Guy Benarroche. « L’examen du Sénat a fait sauter des digues que nous pensions jusque-là infranchissables », ont alerté un ensemble de trente-cinq organisations, dont Médecins du monde, le Secours catholique ou la Ligue des droits de l’homme. Même l’Unicef s’est dit « profondément préoccupé » par les conséquences du texte sur les enfants.

Difficile de résumer les dispositions d’une loi passée de vingt-sept articles à une centaine désormais. Alors que M. Darmanin avait surtout communiqué sur son souhait de renforcer la « double peine » en supprimant les protections à l’éloignement de certains étrangers, comme ceux arrivés en France avant l’âge de 13 ans, « ce sont tous les compartiments du droit des étrangers qui sont touchés »,regrette Anna Sibley, du Groupe d’information et de soutien des immigrés. « Ce texte porte la marque des droites extrêmes et a intégré tous les clichés possibles sur l’immigration », appuie Pierre Henry, président de l’association France Fraternités.

« Une dérive indigne »

Restriction du droit du sol pour les enfants nés en France de parents étrangers ; suppression de l’aide médicale d’Etat ; durcissement des conditions du regroupement familial, de la migration étudiante et de la délivrance d’un titre de séjour étranger malade ; restriction de l’accès aux droits sociaux ; rétablissement du délit de séjour irrégulier ; augmentation des moyens de placement en rétention des demandeurs d’asile ; retrait d’un titre de séjour en cas de non-respect des « principes de la République » ; exclusion des personnes sans titre de séjour du droit à l’hébergement d’urgence…

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Projet de loi sur l’immigration : le Sénat durcit le droit du sol

« Des projets de loi qui ajoutent des difficultés sans assurer une meilleure maîtrise de l’immigration, ce n’est pas nouveau. Mais ce texte marque une bascule politique, juge Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité, qui regroupe 870 associations et organismes. A la fois par la nature des mesures, leur cumul et la tonalité des débats au Sénat, qui constituent une manière d’assumer une stigmatisation des étrangers. C’est une faute politique majeure et une dérive indigne. »

Responsable du plaidoyer au sein de l’association Forum réfugiés, Laurent Delbos s’inquiète notamment de la « simplification » du contentieux en droit des étrangers, vantée par le gouvernement et inspirée du rapport de la commission des lois du Sénat, présidée par le sénateur Les Républicains (LR) du Rhône François-Noël Buffet. Sous prétexte de réduire le nombre de procédures pour soulager les tribunaux administratifs, des délais de recours sont réduits : « Par exemple, pour contester une obligation de quitter le territoire [OQTF], un débouté du droit d’asile n’aura plus que sept jours au lieu de quinze. Ça rend impossible le recours effectif et ça va toucher des milliers de personnes par an », expose M. Delbos, qui regrette que des mesures techniques passent « sous les radars médiatiques ».

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Loi « immigration » : le Sénat adopte la « simplification » des procédures de demande d’asile et du contentieux en droit des étrangers

« Une procédure d’asile dégradée »

Le texte entérine aussi la généralisation du juge unique (au lieu d’une formation de trois juges) au sein de la Cour nationale du droit d’asile, qui examine les recours des demandeurs d’asile déboutés une première fois de leur requête. Les sénateurs ont aussi supprimé l’article du texte qui prévoyait d’autoriser l’accès au travail de certains demandeurs d’asile. Le gouvernement a, en outre, fait voter plusieurs ajouts tels que la possibilité de placer en rétention un étranger interpellé qui voudrait demander l’asile mais présenterait un « risque de fuite ».

« Cela vise les étrangers qui arrivent d’Italie,explique M. Delbos. Une fois placé en rétention, l’étranger est soumis à une procédure d’asile dégradée. » Une décision est prise sous quatre-vingt-seize heures sur sa demande et, en cas de rejet, le recours n’est pas automatiquement suspensif d’un éloignement. « C’est un vrai recul qui n’avait pas été initialement annoncé par le gouvernement », alerte M. Delbos. « C’est en contradiction flagrante avec le discours du ministre, qui dit réserver la rétention aux délinquants, et c’est une régression majeure qui ne devrait pas être votée en catimini », abonde la directrice générale de France terre d’asile, Delphine Rouilleault.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Immigration : le Sénat renforce les leviers d’expulsion des étrangers

Le droit à la réunification familiale des réfugiés est, lui aussi, grignoté par des amendements du gouvernement : le délai pour y prétendre est raccourci, l’âge limite des enfants pour en bénéficier passe de 19 à 18 ans, et en sont exclues les personnes n’entretenant pas des « relations suffisamment stables et continues ». A cela, la majorité sénatoriale a notamment ajouté le fait de clôturer d’office l’instruction d’une demande d’asile si une personne quitte son hébergement.

« Un catalogue des horreurs »

Sur proposition des sénateurs LR et du sénateur (Reconquête !) des Bouches-du-Rhône, Stéphane Ravier, le nombre d’années de résidence exigées avant de pouvoir demander la nationalité française est aussi passé de cinq à dix ans.

« C’est un catalogue des horreurs, juge Mme Rouilleault. On a été choqués de voir le nombre d’amendements sur lesquels le gouvernement est resté silencieux », en se contentant de présenter des avis de « sagesse », c’est-à-dire ni favorables ni défavorables. C’est notamment le cas pour l’automaticité de la délivrance d’une OQTF en cas de rejet d’une demande d’asile, sur la suppression de l’aide médicale d’Etat, pour l’allongement de quatre à cinq ans de la durée du mariage avec un Français avant qu’un étranger puisse demander une carte de résident, ou encore pour le fait de conditionner à cinq ans de séjour régulier l’accès à certains droits sociaux (aide au logement, prestations familiales, allocation personnalisée d’autonomie et prestation de compensation du handicap).

Lire aussi l’éditorial : Immigration : un projet de loi à la dérive

Les avis du gouvernement ont même été favorables à l’instauration de quotas annuels d’immigration, au rétablissement d’un délit de séjour irrégulier (passible d’une amende de 3 750 euros), à l’alignement de la situation des conjoints de Français sur les conditions de logement et de ressources du regroupement familial, ou au passage de quatre à cinq ans du temps de mariage avant lequel un conjoint de Français peut être naturalisé.

« L’étranger n’est vu que comme une menace, un fraudeur », a regretté en séance la sénatrice socialiste de Paris Marie-Pierre de La Gontrie, tandis que le Sénat s’est félicité d’un texte qui « pose les fondations d’une stratégie migratoire assumée ». Reste désormais à voir si ces dispositions inspirées par la droite seront validées lors de l’examen du projet de loi à l’Assemblée nationale, à partir du 11 décembre.

Lire aussi : Le projet de loi « immigration » de Darmanin, dernier texte d’une longue série de 117 depuis 1945

Ancien mineur isolé pris en charge par l’ASE, ses papiers refusés à 18 ans, Mamadou revit grâce à l’écriture d’un livre sur son exil!

Quand RSF69 a rencontré Mamadou, il venait de tout perdre à cause d’une OQTF délivrée par le Préfet du Var à sa majorité : sa prise en charge à l’ASE, son apprentissage en boucherie commencé à Toulon, son rêve d’une existence régulière en France. Mais il a courageusement remis le pied à l’étrier à Lyon. Rescolarisé au lycée François Cevert d’Ecully, subsistant grâce à la solidarité et aux petits boulots, Mamadou vient d’obtenir son bac pro logistique. Il commence à cette rentrée un BTS, faute de pouvoir travailler en attendant le titre de séjour qu’il a demandé à la Préfecture du Rhône.
Surtout, dans le cadre d’un projet pédagogique de son lycée, Mamadou a rencontré l’écrivain Azouz Begag qui l’a  choisi pour l’écriture, à eux deux, d’un livre qui parle de son voyage entre la Guinée et la France. Le titre de ce récit, un mélange très émouvant de témoignage et de fiction, c’est « Né pour partir ».
Le livre a été remarqué par l’éditeur Milan qui a décidé de le publier!

Voilà un bel exemple de ce que l’accueil et la solidarité peuvent accomplir.

Des exemples comme celui-ci, nous en connaissons aussi dans notre région et c’est toujours une récompense pour l’accompagnement que nous leur proposons grâce au soutien que vous, adhérents et donateurs, vous nous apportez.

Action contre la loi Darmanin à Coutance

Des militants disent non à la loi asile et immigration

Le Collectif 50 pour le droit des étrangers organisait, samedi 4 mars 2023, un rassemblement à Coutances (Manche) contre le projet de loi asile et immigration. Les militants dénoncent ce « 29e projet de loi depuis 1980 qui conduit à une négation radicale des droits fondamentaux des personnes migrantes ».

Louis Gastebois et Nicole Launey, co-secrétaires du Collectif 50 pour le droit des étrangers, lors du rassemblement contre le projet de loi asile et immigration. | OUEST-FRANCE

Systématisation des Obligations de quitter le territoire français (OQTF), diminution des délais et des possibilités de recours, fichage des personnes en situation irrégulière, perte de compétences des organismes qui accompagnent les migrants… Les griefs du collectif 50 pour le droit des étrangers contre le projet de loi asile et immigration (Ouest-France) sont nombreux.

« Les étrangers n’ont pas à être traités de cette façon. Beaucoup de mesures dans cette loi conduisent à des régressions de leurs droits, estime Nicole Launey, co-secrétaire du Collectif 50 pour le droit des étrangers. Or, chaque atteinte aux droits des étrangers est une atteinte aux droits fondamentaux de tous. »

Le député conspué

Le collectif départemental a profité de cet appel national à protester contre cette loi pour évoquer les situations de Ramila Uzunalovi, une Coutançaise originaire de Géorgie, dont l’OQTF a été annulée par le tribunal administratif de Caen début février, et de Clinton Chalohwu, un jeune nigérian réfugié en France après avoir fui la guerre en Ukraine, (Ouest-France) menacé par une OQTF. Présent au rassemblement, le jeune footballeur d’Agon-Coutainville a tenu à remercier ses soutiens : « Dès le premier jour, je me suis senti comme un membre de la famille, je ne me suis jamais senti différent », a-t-il déclaré ému.

Clinton Chalohwu fait l’objet d’une Obligation de quitter le territoire français. C’est avec beaucoup d’émotion qu’il a remercié ses soutiens. | OUEST-FRANCE

Louis Gastebois, co-secrétaire du Collectif 50 pour le droit des étrangers, a rappelé que le député Stéphane Travert suivait de près la situation de Ramila Uzunalovi. « Il est très mal à l’aise par rapport à cette loi », a assuré le militant, ce qui a fait vivement réagir la foule : « Pourquoi il l’a votée alors ? », se sont offusqués certains. « Je lui ai dit qu’il fallait la rejeter car cette loi n’est pas amendable », a conclu Louis Gastebois.

La cimade a mis au point une analyse:

https://www.lacimade.org/decryptage-du-projet-de-loi-asile-et-immigration/

Voici aussi celle de la défenseur des droits:

https://juridique.defenseurdesdroits.fr/doc_num.php?explnum_id=21582