Une nouvelle année

ISM vous transmet ses vœux avec la belle illustration de Fanny Michaelis, qui annonçait déjà les festivités des 10 ans.

Les mots prononcés à cette occasion par Martine Lavallette, notre présidente, résonnent aussi en ce début d’année:

« Pourquoi avons-nous tous plébiscité cette affiche ? Pour deux raisons principales : tout d’abord c’est la liberté du dessin et des couleurs qui ont provoqué en nous une vraie émotion, un vrai plaisir, ensuite c’est le choix de symboliser l’action d’Itinérance Sud Manche par une figure féminine et maternelle. D’un pas botté et déterminé, cette femme traverse une mer sombre et houleuse alors que s’accrochent ou reprennent pieds, sur sa robe couleur espoir, de petits personnages avec pour tout bien, leur petit sac à dos. Une jeune fille plus grande est portée et soutenue sur ses épaules. Cela m’a rappelé « Le roi des Aulnes » de Michel Tournier. A la fin du roman, tel Saint Christophe, Abel Tiffauges sauvera en le portant sur ses épaules un enfant juif Ephraïm qui lui révèlera le lourd secret de l’atrocité de son destin.

Fanny a aussi dessiné des oiseaux comme des lumières rappelant notre logo : ils éclairent le tableau, symboles du rêve, de la migration et du but à atteindre à tout prix : la liberté. Enfin elle a représenté un lien qui serpente dans l’espace du tableau : je veux croire que c’est celui de la fraternité (spirituelle pour certains, républicaine pour d’autres, ou simplement de l’empathie, ce besoin humain de porter attention à l’autre …)

En fait ce beau tableau résume bien la philosophie d’Itinérance Sud Manche : tout ce qui met ou laisse l’homme dans un état de dépendance tel qu’il a un besoin incontournable de l’autre pour être porté par lui, le temps nécessaire mais « juste ce qui suffit », pour qu’il puisse après les épreuves, reconstruire sa vie. »

18 décembre 2022. Rassemblement à Saint-Lô, Plage Verte. Journée internationale des migrant.e.s

A l’occasion de la journée internationale des migrant.e.s du 18 décembre, nous appelons à un rassemblement pour dénoncer le projet de loi sur l’immigration.

A Saint-Lô , plage verte

Dimanche 18 décembre à 14h

Guerres, répression violente de régimes autocratiques, absence des droits élémentaires, grande pauvreté : tous les jours des personnes, seules ou en famille, tentent de se mettre à l’abri de ce qui les empêche de vivre.

Nous voyons aussi monter dans notre pays la haine et le rejet des étrangers, manipulés par des partis politiques de plus en plus nombreux, qui font de ce rejet le fer de lance de leur politique : Le projet d’une 29 ième refonte de la loi immigration semble aller dans ce sens selon ce que le gouvernement veut bien en laisser fuiter.

Mais nous sommes des millions d’étrangers, d’étrangères à ce monde de haine et de rejet : notre monde s’appelle Solidarité :

A l’occasion de la journée internationale des migrant.e.s du 18 décembre, nous vous appelons à un rassemblement :

·       Contre le projet de loi sur l’immigration 

·       Contre la double peine et les centres de rétention

·       Contre la criminalisation de la solidarité

·       Pour la régularisation des Sans-Papiers

·       Pour la liberté de circulation

·       Pour l’égalité des droits

Collectif 50 pour les droits des étrangers

Membres:

Itinérance Cherbourg, Collectif Saint-Lois D’aide aux Migrants (CSLAM), Pastorale des Migrants, Groupe Migrants d’Alternatives Solidaires, Solidarité sous les pommiers, Port d’Attache Granville, Itinérance Sud Manche, Association Mortainaise d’Accueil et d’Aide aux réfugiés, Fédération de la LDH Manche, Comité Manche Droit des Femmes

Avec le soutien de

Ensemble, Secours Populaire, Secours Catholique, le MRAP, la CGT, EELV 50, LFI, PCF Manche

Un texte qui résonne , par Stefan Zweig

« Regarde-les donc bien ces apatrides, toi qui as la chance de savoir où sont ta maison et ton pays, toi qui à ton retour de voyage trouves ta chambre et ton lit prêts, qui as autour de toi les livres que tu aimes et les ustensiles auxquels tu es habitué. Regarde-les bien, ces déracinés, toi qui as la chance de savoir de quoi tu vis et pour qui, afin de comprendre avec humilité à quel point le hasard t’a favorisé par rapport aux autres. Regarde-les bien, ces hommes entassés à l’arrière du bateau et va vers eux, parle-leur, car cette simple démarche, aller vers eux, est déjà une consolation ; et tandis que tu leur adresses la parole dans leur langue, ils aspirent inconsciemment une bouffée de l’air de leur pays natal et leurs yeux s’éclairent et deviennent éloquents.

Telle est bien en effet notre nature : tout le mal qui a lieu ici-bas, nous en sommes informés. Chaque matin, le journal nous lance en pleine figure son lot de guerres, de meurtres et de crimes, la folie de la politique encombre nos pensées, mais le bien qui se fait sans bruit, la plupart du temps nous n’en savons rien. Or cela serait particulièrement nécessaire dans une époque comme la nôtre, car toute œuvre morale éveille en nous par son exemple les énergies véritablement précieuses, et chaque homme devient meilleur quand il est capable d’admirer avec sincérité ce qui est bien.»

▬ Stefan Zweig, né le 28 novembre 1881 . Extrait de “Voyages” un texte tristement d’actualité.

Durcissement des politiques d’expulsion

Ces derniers jours, les discours politiques se durcissent en faveur d’une application immédiate des Obligations de Quitter le Territoire Français et pour un  renvoi systématique des étrangers vers leurs pays, qu’ils constituent ou non un danger pour l’ordre public.

Une première expulsion a eu lieu à Coutances hier mardi 22, dont vous trouverez le récit dans l’article d’Ouest France du 23 novembre, édition Coutances.

L’état n’hésite pas à séparer des familles, dont un des enfants est, dans le cas présent, en attente de soins médicaux en France ou qui sont en danger dans leur pays, même si celui-ci est déclaré « sûr », comme la Géorgie.

Compte-tenu du contexte actuel, où la Russie souhaite agrandir ses frontières ( Ukraine, Moldavie, Géorgie ) par la force, on sait très bien que la Géorgie n’est pas un pays sûr, que déjà une certaine « occupation » de cet état existe par le pouvoir russe, que les ressortissants de ce pays sont sans cesse victimes de son instabilité  politique et qu’ils sont menacés par la corruption qui remplace trop souvent la loi. Il n’est jamais très bon de revenir dans un tel pays quand on en est parti il y a 1 ou 2 ou 3 ans, voire plus.

Mais M. Darmanin a demandé, le 17 Novembre 21, à ses préfets d’appliquer aux détenteurs d’OQTF pour raison administrative ( par application de la loi immigration 2018) le même traitement que pour les étrangers « délinquants », menaçant l’ordre public, ou les étrangers « radicalisés »: absence de délai de départ dit volontaire, assignation à résidence, placement en centre de rétention administrative avant expulsion ( 220 places supplémentaires doivent être crées en un mois – bien plus que les ouvertures de lit d’hôpital( ndlr) !, interdiction de retour, etc… C’est à dire qu’il applique, en toute impunité et sans vergogne, des articles d’une loi qui n’a pas encore été présentée au parlement- elle le sera en janvier-.

Ce qui s’est passé à Coutances peut se passer demain à Granville, à Avranches, Saint Hilaire, Mortain. Nous devons constituer une force de mobilisation si cela se présente, c’est à dire être capables de venir empêcher très rapidement une telle arrestation et d’alerter nos concitoyens sur l’application de telles méthodes près de chez eux. C’est à cette éventualité que nous devons nous préparer. Itinérance Sud Manche sera là.

Ne laissons pas l’indifférence l’emporter sur la solidarité: un étranger n’est ni un ennemi ni un rival. N’acceptons pas la politique du bouc émissaire: si la société française va mal ou est en danger, ce n’est sans doute pas à cause de ceux qui ne souhaitent que participer à son développement par le travail ( qu’on leur refuse) et accéder, eux aussi, à la liberté, l’égalité et la fraternité qui étaient, il y a encore quelques temps, de réelles valeurs républicaines.

Mercredi 16 novembre. Avranches. Fin des festivités des 10 ans avec une séance de courts métrages suivie d’un repas afghan.

Cinq courts métrages sur le thème de l’exil ont été appréciés par une soixantaine d’adhérents et d’amis, puis nous avons partagé un délicieux repas préparé par de talentueuses cuisinières, merci à celles et à ceux qui ont participé ! Une belle soirée conviviale pour clôturer ces festivités.